À la demande d’un rendez-vous du Conseil permanent pour parler du régime social et de la retraite des auteurs, la ministre a répondu par un refus lapidaire.

 

Certes, ce n’est pas un sujet qui fait autant de bruit que la grève des médecins, mais il mérite tout de même que l’on s’y intéresse: les écrivains et leur régime social, leurs droits, leur retraite. Ce n’est pas parce que ces artistes ne parlent pas ou ne manifestent pas qu’il n’existe pas de drames. Parmi les défenseurs des auteurs, il y a le Conseil permanent des écrivains (CPE) et la Société des gens de lettres (SGDL) qui ne cessent de tenter de discuter avec les pouvoirs publics pour rendre un peu meilleure ces vies précaires.

À plusieurs reprises, la romancière Valentine Goby, présidente du CPE, a demandé que s’ouvre enfin la concertation promise afin que les auteurs participent activement au débat sur les réformes sociales en cours qui les concernent. Notamment la fusion de deux entités qui gèrent les droits d’auteurs (Agessa et Maison des artistes) et risque d’augmenter fortement leur contribution sociale, ainsi que la réforme du régime de retraite complémentaire commun à tous les artistes. Cela peut paraître technique, comme toutes les questions sociales, mais les changements peuvent avoir de graves conséquences sur le quotidien.

Depuis des mois, Valentine Goby, au nom du Conseil permanent des écrivains, a donc réitéré une demande de rencontre avec le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes. Voici la réponse officielle des services de Marisol Touraine, fille d’Alain Touraine, sociologue et auteur d’une œuvre forte d’une cinquantaine d’ouvrages. Le CPE a bien voulu nous communiquer une copie de ce courrier.

«Madame la présidente,

Vous avez bien voulu solliciter une audience auprès de madame Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, afin d’évoquer la situation des artistes auteurs.

Madame la ministre a pris connaissance de votre correspondance avec la plus grande attention et vous en remercie. Malheureusement, les contraintes de son emploi du temps ne lui permettent pas de vous recevoir.

Soyez assurée qu’elle le regrette vivement.

Je vous prie d’agréer, madame la présidente, l’expression de mes salutations distinguées.»

Suit la signature du chef du cabinet.

«Un courrier scandaleux, méprisant»

«J’ai trouvé ce courrier scandaleux, méprisant et lapidaire, tant sur la forme que sur le fond», affirme au Figaro Valentine Goby. La présidente du CPE a envoyé un communiqué disant sa déception et son indignation. «Aussi le CPE est-il pour le moins étonné par le courrier lapidaire reçu du ministère des Affaires sociales le 30 janvier, première réponse directe à ses courriers envoyés depuis juin 2014 à Marisol Touraine: elle refuse tout bonnement de recevoir les auteurs au motif d’un agenda trop chargé… Des promesses d’un côté, une fin de non-recevoir de l’autre. Et toujours pas la moindre date de concertation à l’horizon!!»

Mais la présidente du Conseil permanent des écrivains n’abdique pas facilement. Elle a trouvé une oreille plus attentive du côté du ministère de la Culture. Son action collective va porter. Elle a obtenu deux rendez-vous avec la rue de Valois, le lundi 2 mars pour parler du régime de la Sécurité sociale des auteurs et le mardi 3 mars pour évoquer la question des retraites…

Le cabinet de la ministre des Affaires sociales réagit

Suite à la parution de cette information, le cabinet de la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes a tenu à préciser: «Les représentants du Conseil permanent des écrivains (CPE) seront reçus très prochainement par le cabinet de Marisol Touraine et celui de Fleur Pellerin.» C’est Valentine Goby qui va être heureuse de l’apprendre.

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